La psychomotricité regroupe des fonctions motrices qui sont en lien direct ou indirect avec la pensée, la psychologie et les fonctions cérébrales. C'est une discipline qui met en avant la liaison du corps et de la psyché, contrairement à la dichotomie souvent mise en avant. Elle s'enracine dans un système de régulation et de feed-back et d'homéostasie qui cherche à mettre en adéquation le corps et la pensée. L'éminent chercheur en psychologie du développement Jean Piaget a établi des stades ou paliers d'acquisition qui débutent par le stade sensori-moteur pour finir par le stade des opérations formelles avec un raisonnement hypothético-déductif. La psychomotricité est en amont de l'abstraction, elle existe lorsque la pensée a besoin du corps, et de son empreinte tonique pour se concevoir et se développer. En France, la psychomotricité est une profession paramédicale reconnue par l'État.

Développement du courant de pensée de la psychomotricité

La psychomotricité prend en compte la liaison entre corps et psychisme.

De longues années de débats philosophiques n'ont pas réussi à résoudre la dichotomie corps-esprit. Le corps ne serait-il que « matière » ? Et l'« esprit » ne nous offrirait-il qu'un supplément d'âme ?

Nous savons aujourd'hui qu'il n'y a pas de « substance fixe », mais une activité qui s'accroît. Celle-ci provient de l'expérience. Le trait d'union entre psycho-motricité n'a plus raison d'être lorsque l'on conçoit que ce sont les nombreuses activités que l'être humain a la possibilité de réaliser, tout au long de sa vie, qui vont permettre le développement de l'expérience. Ainsi, équipement, équipement de base et environnement sont trois notions indispensables pour comprendre la dimension psychomotrice de l'être humain.

  • L'équipement (biologique, génétique, etc.) est donc une donnée de base qu'il convient de nommer structures. Toutefois, et dans tous les cas, dès la naissance au moins, ce sont les relations avec l'entourage qui vont fonder l'équipement de base.
  • L'équipement de base, c'est l'équipement qui se développe dans les relations mutuelles, en particulier la relation réciproque mère-enfant. Le bébé rencontre l'autre/les autres avec lesquels il va développer des échanges, un accordage affectif et des liens.
  • L'environnement pour l'être humain comporte une dimension physique (le monde des objets) et une dimension sociale (le monde des sujets). Le terme de psychomotricité évoque donc cette interdépendance constante entre le sujet et le monde.

L'organisation psychomotrice est constituée de quatre paramètres fonctionnant en synergie dont l'un peut être source de perturbation ce qui pourra alors nécessiter une aide en psychomotricité :

  • l'activité neuro-motrice dépendant des lois de développement et de la maturation neurologique qui met en place un (tonus, le système de coordination-dissociation, l'équipement sensoriel et moteur, la genèse d'une asymétrie fonctionnelle du corps, la latéralisation) ;
  • la dimension sensori-perceptivo-motrice et affective qui, dès les premiers échanges de la vie relationnelle, va influencer la qualité des appuis, de la posture, du tonus, de lagestualité intentionnelle et permettre la construction du schéma corporel en lien avec l'image du corps ;
  • la dimension cognitive qui conduit le sujet à intégrer et à maîtriser la relation qu'entretien son corps avec l'espace et le temps ;
  • la dimension de l'identité qui se construit dans l'interaction du sujet avec son environnement familial et social.

Les troubles psychomoteurs

Le trouble psychomoteur se manifeste à la fois dans la façon dont le sujet est engagé dans l'action et dans la relation avec autrui. Les troubles psychomoteurs sont des troubles neurodéveloppementaux qui affectent l'adaptation du sujet dans sa dimension perceptivo-motrice. Leurs causes sont plurifactorielles et transactionnelles associant des facteurs génétiques, neurobiologiques, psychologiques et/ou psychosociaux qui agissent à différents niveaux de complémentarité et d'expression. Ils sont souvent situationnels et discrets, entravant en priorité les mécanismes d'adaptation, constituant une source de désagrément et de souffrance pour le sujet et son milieu social. Leur analyse clinique s'appuie sur une connaissance référentielle approfondie du développement normal. Elle nécessite des investigations spécifiques dont l'examen psychomoteur, pour appréhender les aspects qualitatifs et quantitatifs des perceptions, des représentations et des actions du sujet (Albaret, 2011).

Les principaux troubles psychomoteurs sont :

  • le trouble déficitaire de l'attention/hyperactivité,
  • le trouble de l'acquisition de la coordination (dyspraxie verbale ou dyspraxie motrice (développementale)),
  • les dysgraphies de développement,
  • les incapacités d'apprentissage non verbal,
  • les troubles spatiaux,
  • les mouvements anormaux,
  • les troubles de la dominance latérale,
  • les troubles du tonus musculaire.

Les caractéristiques de ces troubles sont les suivantes (Albaret, 2001 ; Corraze, 1981, 1999, 2010) :

  1. ce sont des troubles perceptivo-moteurs qui affectent les différentes fonctions d’exploration (aspects perceptifs), d’action (sur le milieu physique), de communication (notamment dans ses aspects non verbaux) et les manifestations émotionnelles ;
  2. ils se manifestent par des signes neurologiques doux qui signent l'existence d'un dysfonctionnement cérébral a minima ;
  3. ils sont associés à un complexe psychopathologique, comportant des facteurs émotionnels pouvant aller jusqu’à un véritable trouble psychiatrique qui soulève la question des comorbidités ;
  4. ils demandent une analyse des différentes dimensions (biologique ou organique, écologique, intentionnelle ou téléologique) pour permettre la prise en compte de la pluralité étiologique.

 

Planning horaire:

  • Mercredi de 14h00 à 17h00 (Salle Psychomotricité)
  • Samedi de 9h00 à 12h00 (Salle Psychomotricité)

 

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